Emblèmes, le blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 12 juillet 2017

Le Blanc et le Noir (7): Blancs contre Noirs

Au XVIIe siècle, le travail de mise en ordre et de classification de la nature aboutit aux premières taxinomies qui, organisant de manière logique les organismes vivants pour la commodité des chercheurs. Elles vont s'accompagner presque indépendamment de classifications des êtres humains servant cette fois-ci des intérêts davantage géopolitiques que scientifiques.

En 1684 dans La Revue des Savants, le médecin et philosophe François Bernier, se propose à cette occasion de rompre avec la logique géographique qui prévalait jusqu’alors dans l’appréhension des groupes humains. Il avance l’idée que les hommes puissent être classés selon leurs caractéristiques physiques, en distinguant « quatre ou cinq races humaines ». auquel il donne des noms de couleurs.
Le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), posant les bases de la systématique moderne, distingue en 1758, quatre races différenciées au sommet de l’ordre des « anthropomorpha » (les futurs primates) : Européens, Américains (nous dirions aujourd'hui Amérindiens), Asiatiques et Africains. Ces 4 races sont associées à la couleur de leur peau blanc, rouge, jaune et noir.
Races_and_skulls.png

Ces travaux vont faire apparaître un certain nombre d'excès dans l'interaction entre races tels l'apartheid et le racisme anti-blanc.

L’apartheid (mot afrikaans partiellement dérivé du français, signifiant « séparation, mise à part ») était une politique dite de « développement séparé » affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées. Il fut conceptualisé et introduit à partir de 1948 en Afrique du Sud par le Parti national, et aboli le 30 juin 1991.
La politique d'apartheid se voulait l'aboutissement institutionnel d'une politique et d'une pratique jusque-là empirique de ségrégation raciale (Pass-laws, baasskap et colour bar), élaborée en Afrique du Sud depuis la fondation par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales de la colonie du Cap en 1652. Avec l'apartheid, le rattachement territorial (puis la nationalité) et le statut social dépendaient du statut racial de l'individu.

APARTHEID INDICATION

La politique d'apartheid fut le « résultat de l'anxiété historique des Afrikaners obsédés par leur peur d'être engloutis par la masse des peuples noirs environnants ».
Les lois rigides qui en résultèrent, « dictées par une minorité blanche dynamique obsédée par sa survie » en tant que nation distincte, furent ainsi le résultat d'une confrontation, sur une même aire géographique, d'une société sur-développée, intégrée au premier monde avec une société de subsistance, encore dans le tiers monde, manifestant le refus de l'intégration des premiers avec les seconds.

Comme les autres formes de racismes, le racisme anti-blanc peut se manifester au travers d'injures, de diffamation, de harcèlements, d'agressions (y compris de meurtres et de viols) ou de discriminations.
Aux États-Unis, il a notamment été exprimé par des groupes nationalistes noirs. Au Zimbabwe, le président Robert Mugabe a mis en place une politique raciste visant à exproprier et chasser les Blancs. En Afrique du Sud, un chant incitant à tuer des fermiers blancs a été condamné par la justice, alors que des fermiers sont régulièrement assassinés dans ce pays.
congo-1960.jpg

lundi 10 juillet 2017

Le Blanc et le Noir (6): Turcs blancs contre turcs noirs

Avant d'être les habitants de l'Anatolie, les Turcs étaient des nomades qui vivaient dans les steppes du centre de l'Asie.
Dans ces peuples qui nomadisent, la référence au blanc et au noir est importante.
On rencontre:
- des Kara-Kirghizes (Kirghizes noirs) qui peuplent le Kirghizstan actuel
- des Shvetahuna (Huns blancs) du sanskrit śveta, blanc et hūna, hun, un peuple nomade, nommé Hephthalites par les Grecs, qui envahit le nord de l'Inde en 515
- des Huns noirs dont Attila devient le chef en 443 avant de les jeter à l’assaut de l'Empire Romain d'Occident
- des Ak Koyunlu (Moutons blancs) une fédération tribale d'origine turcomane qui a régné sur ce qui est aujourd'hui l'est de l'Anatolie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le nord de l'Irak et l'ouest de l'Iran de 1378 à 1508.
- des Kara Koyunlu (Moutons noirs) une autre fédération tribale turcomane qui a vécu dans les mêmes régions de 1375 à 1468.
hunlar_hangi__lkeye_aitler.jpg Les références au blanc et au noir sont donc fréquentes dans ce milieu.

Toutes ces appellations pourraient avoir une origine géographique, les Turcs associant les points cardinaux à des couleurs:
Kara, le « noir » désigne le nord,
Ak, le « blanc » désigne le sud,
Kızıl, le « rouge » désigne l’ouest,
Yeşil, le « vert » ou Sari, le « jaune » désignent l’est.
Les savants turcs eux-mêmes sont divisés sur le sujet, car chez les anciens turcophones de la steppe, le nord était désigné par ak (blanc comme la neige) et le sud par kızıl (rouge comme la chaleur).
La logique désignant le nord (obscur) par le noir, le sud (la clarté) par le blanc et l'ouest (soleil couchant) par le rouge, ne serait apparue que tardivement, en Asie mineure.

C'est cette logique qui a donné son nom à la Mer Noire. Le Pont-Euxin (tel que l'appelait les Grecs) étant situé au nord de la Turquie, a été nommé en turc: Karadeniz, « mer Noire », sombre, alors que la Méditerranée, au sud, a été appelée mer Blanche, claire (Akdeniz) (qui ne doit pas être confondue avec la mer Blanche des Russes).
Vier_zeee_n_in_een_kaart.png

On pourrait donc avoir des Huns du Nord, des Huns du Sud...
Mais on a une autre explication qui préfère une "lutte des classes" comme explication: "Partant d'une ancienne organisation tribale Turque en des "blancs" qui représentent la classe gouvernante (huns blancs"akhunlar",mouton blanc"aq qoyunlu")et les "noirs"représentant le reste du peuple (huns noirs"karahunlar",mouton noir"qara qoyunlu")". http://www.algerie-dz.com/forums/archive/index.php/t-123345.html

C'est cette explication qui est donnée pour le phénomène plus récent de Turcs blancs et de Turcs noirs qui scinde la société turque actuelle.
Ici, on parle de siyah Türkler, beyaz Türkler, les Turcs d'aujourd'hui préférant utiliser les mots d'origine perse beyaz et siyah pour blanc et noir plutôt que les mots de racine turque ak et kara.
"Qui croire? Dans les faits, les Turcs sont profondément divisés. D'un côté, les Turcs blancs, l'ancienne élite politique européanisée, profondément attachée à la laïcité à la française, établie par Atatürk et défendue par l'armée qui, en son nom, a commis quatre coups d'État. De l'autre, les Turcs noirs, issus des milieux ruraux mais de plus en plus urbanisés, qui remettent en cause le modèle laïque, qu'ils jugent discriminatoire à l'égard des musulmans pratiquants." nous dit le journaliste qui enquête sur Erdogan http://www.lapresse.ca/international/europe/201106/10/01-4407873-turquie-erdogan-ange-des-turcs-noirs-demon-des-turcs-blancs.php
beyazturk1.jpg Autre page à lire, en anglais car elle n'a pas de version française: https://en.wikipedia.org/wiki/White_Turks_and_Black_Turks

dimanche 9 juillet 2017

Le Blanc et le Noir (5): Guelfes blancs contre Guelfes noirs

Les guelfes et les gibelins sont deux factions médiévales qui s'opposèrent militairement, politiquement et culturellement dans l'Italie des Duecento et Trecento.
À l'origine, elles soutenaient respectivement deux dynasties qui se disputaient le trône du Saint-Empire : le parti Guelfe appuyait les prétentions de la dynastie des « Welf » et de la papauté, puis de la maison d'Anjou, le parti Gibelin, celles des Hohenstaufen, et au-delà celles du Saint-Empire.

En 1289, les Guelfes de Florence battent les Gibelins et les expulsent de la ville.

La paix ne va pas durer. Les familles guelfes des Cerchi et des Donati vont se disputer le pouvoir.

L'incident précurseur eut lieu dans la ville voisine et vassale de Pistoia.
En 1294, la famille Cancelleri, du parti guelfe, se déchire: les enfants d'un premier lit aux cheveux blancs contre ceux d'un deuxième lit aux cheveux noirs.
En 1296, les fauteurs de troubles sont exilés à Florence.
Simeone da Pantano, chef de la faction noire est un ami de Corso Donati.
Schiatta Amati, le chef des blancs s'allie aux Cerchi.

Le 1er mai 1300, une échauffourée entre les plus jeunes membres des deux familles a lieu sur la Piazza Santa Trinita à Florence: Ricoverino de Cerchi coupe le nez d'un partisan des noirs.

Les Guelfes noirs, très proches de Boniface VIII, vont prévaloir sur les blancs, incapables de se défendre convenablement, et Charles de Valois, venu de France en appui du pape, investira Florence sans rencontrer aucune résistance.

Dès janvier 1302, on commence à exiler les blancs (à Ravenne notamment), dont Dante Alighieri, ainsi que le père de Pétrarque (Pétrarque, l'écrivain, naquit pendant cet exil).



guelfi.jpg

Les Guelfes noirs se partagèrent ensuite entre tosinghi et donateschi, partisans de Rosso della Tosa et de Corso Donati.

Corso Donati, surnommé " il grande barone" fut assassiné en 1308.
Corso_Donati.jpg

Les villages de Corsini Neri et de Corsini Bianchi, près de Pistoia, existent toujours et vivent depuis le 14e siècle en rivalité.

vendredi 7 juillet 2017

Le Blanc et le Noir (4): Cisterciens contre Bénédictins

L’ordre de Cluny est un très grand ordre bénédictin. Il a été créé par Guillaume Ier, duc d'Aquitaine et comte de Mâcon, par un acte rédigé à Bourges le 11 septembre 909 (ou 910) donnant le domaine de Cluny « aux apôtres Pierre et Paul », à savoir l'Église romaine, pour y fonder un monastère de douze moines.
Ces moines portaient une robe noire par humilité tel que faisait Saint Benoit. Pour lui, la couleur est un artifice inutile.
Quand on dit noir, il faut entendre sombre. Les teintures noires de prix n'étaient pas utilisées. C'était un ensemble bleu foncé, violet sombre, gris qui étaient utilisées.
Saint_Benoit.jpg

En réaction avec le luxe de Cluny, une branche réformée des bénédictins fonde l'abbaye de Cîteaux (Robert de Molesme en 1098).
Ils veulent retrouver les principes essentiels de St Benoit. Leurs habits sont en laine non teinte, donc blanc.
Moines_cisterciens_faisant_la_moisson.jpg

Aux moines «noirs», c'est-à-dire aux moines de Cluny, (...) on reprochait, dit-il, les abus de leurs grands abbés. Aux moines «blancs», c'est-à-dire aux Bénédictins de Cîteaux, (...) on reproche leur dureté de coeur (Faral,Vie temps st Louis,1942, p.43)

En 1124, une violente controverse va opposer Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, à Bernard, abbé de Clairvaux, filiale de Citaux. Il reproche à celui ci l'excès d’orgueil que représente le choix du blanc, couleur de la fête, la gloire, la résurrection.
Le futur saint Bernard lui répond que le noir est la couleur du diable et de l'enfer, alors que le blanc est la couleur de la pureté, l'innocence et de toutes les vertus. La querelle durera jusqu'en 1146, avec de nombreuses lettres échangées sur ce que doit être la véritable vie monastique.

jeudi 6 juillet 2017

Le Blanc et le Noir (3): Bien contre Mal

Le manichéisme est, dans son acception contemporaine, au sens figuré et littéraire, une attitude consistant à simplifier les rapports du monde, ramenés à une simple opposition du bien et du mal.
Le sens original du terme renvoie quant à lui à la religion antique du manichéisme, religion du prophète Manès.
Le prophète décrit la lutte entre le royaume de la Lumière (Ahura-Mazda) et celui des Ténèbres (Ahriman).

Pour le prêtre et sociologue Jacques Grand’Maison, « l'esprit manichéen transforme toute distinction en opposition et ramène systématiquement la complexité du réel à deux termes qui s'excluent », en recourant à des stéréotypes. « Il a envahi la religion et la culture, la morale et la politique, les idéologies et les sciences », démentant les qualités de pluralisme et de tolérance revendiquées par les sociétés modernes.

Quand il y a combat, c'est souvent entre un camp blanc et un camp noir.

Par exemple le jeu d'échecs
echecs.jpg ou le combat de Luke Skywalker (en blanc) contre Dark Vador, le champion du côté obscur de la force (en noir), version moderne du combat anges contre démons.
starwars.jpg

mercredi 5 juillet 2017

Le Blanc et le Noir (2): Yang contre Yin

Dans la philosophie chinoise, le yin et le yang sont deux catégories complémentaires, que l'on peut retrouver dans tous les aspects de la vie et de l'univers. Cette notion de complémentarité est propre à la pensée orientale qui pense plus volontiers la dualité sous forme de complémentarité.

Le symbole du Yīn et du Yang, le tàijí tú (souvent entouré de 8 trigrammes du bagua) est bien connu dans le monde occidental depuis la fin du xxe siècle.
yin-yang-300x300.png

Le Yin, représenté en noir, évoque entre autres, le principe féminin, la lune, l'obscurité, la fraîcheur, la réceptivité, etc.
Le Yang quant à lui (laissant apparaître le fond blanc), représente entre autres le principe masculin, le soleil, la luminosité, la chaleur, l'élan, etc.

Le taiji (ou tai-chi) est la source des huit (Bā) figures de divination (guà) et des 64 hexagrammes du Livre des Transformations (Yi King).
Taiji-trigrammes.png

mardi 4 juillet 2017

Le Blanc et le Noir (1): Lumière contre obscurité

"Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le premier jour." Livre de la Genèse (Gn 1, 1-31)
a_Sainte_Genevieve_22_f_3.jpg

La première notion de couleur que l'homme eut est en rapport avec la lumière.

Les deux premiers adjectifs de couleur existant sont donc clair et sombre, brillant et obscure, blanc et noir.

Le noir et le blanc sont les couleurs à employer pour avoir un maximum de contraste: ce sont les couleurs de l'imprimerie.
imprimerie.jpg

dimanche 2 juillet 2017

Noir en 21 langues

Logographie:
Chine (1) 黑 hēi
Japon (9) 黒 kuro
Corée (20) 검정 geomjeong

Alphabétique:
Espagnol (2) negro
Portugais (7) negro, preto
Français (10) noir
Italien ( 21 ) nero
Anglais (3) black
Allemand (13) schwarz
Russe (8 ) чёрный tchernyi
Turc (17) kara, siyah
Vietnamien (14) đen
Javanais (12) ireng

abjad
Arabe (4) أسود áswad (masc.), sudaa' (fem.), suud (pl.)
Ourdu (20) سیاہ kālā

abujida
Bengali (5) কালো Kālō
Hindi (6) काला kālā
Landa/Pendjabi (11) ਕਾਲਾ Kālā
Marathi (19) काळा Kāḷā
Telegou (15) నలుపు nalupu
Tamoul (18) கருப்பு karuppu

Les Romains utilisaient 2 termes pour noir:

- ater: noir mat qui provient de l'indo-européen ater: feu, fumée.

On retrouve cette racine dans atrium, grande salle à l’entrée de la maison romaine, ordinairement couverte et ornée d'une colonnade.

Ce terme se retrouve aussi dans ätre, base de la cheminée où l’on fait le feu, et autour duquel se déroulait la vie du ménage.

On le retrouve dans atroce, adjectif qualifiant ce qui est très douloureux au sens physique et au sens moral, par analogie avec une personne cruelle et méchante au regard noir.

- niger: noir brillant qui provient du grec nekros: mort.

On retrouve ce nom dans le fleuve Niger et les pays Niger et Nigéria.

Il donne le mot français noir, l'italien nero, l'espagnol negro, mais aussi nègre et dénigrer dans le sens noircir une réputation.

Ater, fréquent en latin classique, disparait au IIIe siècle remplacé par niger.

Les Portugais utilisent preto du latin pressus (« pressé, couvert ») devenu prettus et passé au sens météorologique de « couvert, sombre », en parlant des nuages, du ciel, à celui de « noir ». Le français nébuleux est à mi-chemin de ce processus, laissant derrière lui le sens de « nuageux » pour celui de « sombre, pas clair. »
Ouro Preto (Or noir) est une ville du Minas Gerais au Brésil.

Les Anglais utilisent black.

Les Allemands utilisent schwarz, les Suédois svart, les Néerlandais zwart.

En germain, blach était le noir brillant, dense et swart le noir mat et terne.

L’indo-européen commun suordos (« noir, sale ») qui donne l’allemand schwarz (« noir ») donne aussi le latin sordeo (« être malpropre ») donc le français sordide.

Les Russes écrivent чёрный (tchernlyï) de la même famille que le tchèque černý, le polonais czarny, le slovène črn, le bulgare черно

Les Bretons disent du comme les Gallois. Le drapeau breton est appelé Gwenn ha Du (blanc et noir).

Les Basques disent beltz. Le vin rouge en français est noir en basque.

Les Chinois écrivent et prononcent hēi . Le Japonais se prononce kuro.

La partie supérieure du kanji évoque la fenêtre (里), la partie inférieure, le feu (火).

Autrefois, les maisons japonaises n'avaient pas de cheminée ; le feu était fait sous la fenêtre et celle-ci devenait noire.

Kanji-kuro02.jpg

les Hindi disent: काला (kala). Les Turcs disent kara.

Karageorges (Georges le noir) a été le chef de la première révolte serbe contre les Turcs.

Les Turcs utilisent aussi le mot siyah que les Persans utilisent سياه (syāh).

Les Arabes écrivent أسود ('áswad) et les Hébreux שחורן (Shahor)

Le féminin d'áswad se dit sūdaan. Le Soudan est le pays des noires (بلاد السودان).

Les Grecs utilisent : μαύρος (mav́ros) que l'on retrouve en France dans l’appellation maure et le nom de famille Moreau.

Les noirs ont été les premiers pigments préparés par l'homme : à partir de bois carbonisé (noir de charbon) puis par combustion (noir de carbone, noir de fumée).

Le nom de Siam, provenant du sanskrit, et signifiant noir, sombre est utilisé pour désigner le royaume d'Ayutthaya. Le maréchal Phibun changea en 1936 le nom du pays, qui de Siam devient Prathet Thai, "pays des Thaïs" ou Thaïlande.Ce nom sous-entendait une unité de tous les peuples de langue thaï, ce qui incluait les Lao du laos et les Shan de Birmanie, mais excluait les Chinois. Le slogan du régime est d'ailleurs la "Thaïlande aux Thais". Un autre argument est étymologique, le mot thai signifiant également "libre". Le nom de Prathet Thai est d'abord employé non officiellement entre 1939 et 1945 puis déclaré officiel le 11 mai 1949.

jeudi 29 juin 2017

Blanc en 21 langues

Les 21 langues les plus parlées dans le monde représente 70 % des habitants de la planète.

Elles utilisent 4 sortes d’alphabets:

logografiques (type chine)
alphabétique (type européen)
abjad (type arabe)
abugida (type hindou)

Ce qui donne la typologie suivante:

Logographie:
Chine (1) 白 bái
Japon (9) 白 shiro
Corée (20) 하양 hwaiteu

Alphabétique:
Espagnol (2) blanco
Portugais (7) branco
Français (10) blanc
Italien ( 21 ) biancho
Anglais (3) white
Allemand (13) weiß
Russe (8 ) белый belyj
Turc (17) Beyaz
Vietnamien (14) Trắng
Javanais (12) putih

abjad
Arabe (4) سفید abyadh (masc) beiDhaa' (fem) biiDh (plur)
Ourdu (20) بيض safed

abujida
Bengali (5) সাদা Sādā
Hindi (6) श्वेत saphed
Landa/Pendjabi (11) ਚਿੱਟਾ Ciṭēد
Marathi (19) पांढरा Pāṇḍharā
Telegou (15) తెలుపు Telupu
Tamoul (18) வெள்ளை Veḷḷai

Les Romains utilisaient 2 termes pour blanc:

- albus: blanc mat que l'on retrouve dans la nom de la ville d'où venaient les premiers Romains, Romulus et Rémus: Albe la longue.

Autres pays blancs: l'Albanie et la perfide Albion (Grande Bretagne). Un fleuve blanc: l'Aube, affluent de la Seine.

Ce terme se retrouve aussi dans album, un livre avec des pages blanches que l'on remplit d'objets de collection ou de souvenirs photographiques.

On le retrouve dans albatre, pierre blanche, et albumine, le blanc d'oeuf.

A l'aube, apparaissent à l'horizon les premières lueurs du jour, avant le lever du soleil.

L'aube est un vetement liturgique en forme de tunique blanche. C'est le vetement qu'utilise le nouveau fidèle de l'église pour sa première communion.

Les Roumains utilisent le mot alb pour blanc.

- candidus: blanc brillant qui a donné Candide; le naïf héros au regard neuf du roman de Voltaire.

Candida était le nom de la toge blanche que portaient les candidats pour solliciter une fonction publique.

La candeur est la pureté d'âme, confiance, ingénuité, franchise qui devrait remplir ce candidat.

Ces mots furent remplacés par un mot emprunté au germanique blank, qui veut dire brillant, dans le latin de la fin de l'Empire.

On le retrouve dans le français blanc, l'espagnol blanco, l'italien bianco, le portugais branco.

Les Anglais utilisent white du germanique hwit qui a aussi donné le danois hvid, le néerlandais wit, le suédois vit et l’allemand weiß.

Hwit a plutôt la signification de clair que de brillant.

Les Russes écrivent белый (biélyï) de la même famille que le tchèque bílý, le polonais biały, le sorabe běły, le slovène bel, le bulgare бял

La Biélorussie est la Russie Blanche. Belgrade est la ville blanche.

Les Bretons disent gwenn comme les Gallois gwyn. Le drapeau breton est appelé Gwenn ha Du (blanc et noir).

Les Basques disent zuri.

Les Chinois écrivent et prononcent bái . Les Japonais le prononcent shiro et l'écrivent しろ/しろい en kana.

les Hindi disent: सफेद (safed). Le Safed Baradari (palais blanc), est un monument de Lucknow, en Inde

Les Arabes écrivent أبيض (abyadh) au masculin et beida au féminin. Dar El Beïda où se trouve l'aéroport d'Alger a été créée en 1880 par les Français sous le nom de Maison-Blanche lors de la colonisation. Wadi Al Abyadh est une vallée touristique d'Oman.

Les Hébreux écrivent (lavan) לָבָן. Laban est un personnage de la Bible. Il est le fils de Betouel, le frère de Rébecca, le père de Léa et Rachel, et l'oncle puis le beau-père de Jacob.

Les Grecs comme les Romains ont 2 mots : λευκό (levkó) et άσπρο (áspro).

On retrouve ces termes en français leucocytes (globules blancs) mais non dans le médicament Aspro, inventé en Australie en 1917 par les frères Nicholas: NicholAS PROduct.

Les Inuits ont sept mots différents pour sept nuances différentes de blanc.

mardi 20 juin 2017

Bleu contre Blanc

Ce billet est le premier d"une série qui va étudier l"utilisation de couleurs comme emblème de groupements humains.

L'origine du terme bleu provient de la couleur de l"uniforme des Gardes Nationales mis en place lors de la révolution française. Les Gardes Nationales parisiens sous le commandement de La Fayette, portaient une veste bleue à plastron rouge. C'était le même uniforme que les Gardes Françaises, régiment d'élite caserné à Paris et dépendant de la maison du Roi. Certains membres de ce régiment (5 des 6 compagnies) fraternisèrent avec la population parisienne qui se souleva en juillet 1789. bastille_1789.jpg Les autres soldats d'infanterie français portaient un uniforme blanc. La République établie en 1792 eut besoin de lever en masse des volontaires pour défendre la Patrie et les habilla en veste bleue. Ces volontaires, acquis aux idées de la République, prirent le surnom des Bleus. garde_nationale.jpg

Pour combattre les idées révolutionnaires, les partisans du Roi mirent en avant le blanc, couleur de la Maison de Bourbon, sur les supports différents: cocarde, drapeau, ceinture... HenrideLarochejaquelein.jpg Le moment d'affrontement le plus fort entre les deux partis eut lieu lors des soulèvements de Vendée entre 1793 et 1796.

Au retour du Roi en 1814, le blanc redevient la couleur de la France.

Tout au long du XIXe siècle, ces couleurs servirent à désigner les partisans républicains et royalistes.

jeudi 26 mai 2016

Triumph

1885: Siegfried Bettmann fonde S. Bettmann & Co pour importer des bicyclettes d'Europe et les vendre à Coventry en Angleterre.
1897: La compagnie est renommée Triumph Cycle Co. Ltd.
Triumph_Cycle_Co.JPG

1887 : Moritz Schulte s'associe à Bettmann.
1894: Triumph produit ses premières bicyclettes.
1896: Citoyens allemands, Schulte et Bettmann ouvrent une filiale à Nuremberg Triumph-Werk-Nurnberg AG (TWN)
triumptwn.jpg

1902: Triumph commence la fabrication de motocyclettes. Le piston qui est au cœur des réalisations de Triumph est mis en valeur.
triumm1905.jpg

1903: TWN se mets à produire aussi des motocyclettes.

1903: Reginald Walter Maudslay crée la Standard Motor Company Limited à Coventry.
stand080.jpg

1918: Alfred John Dawson, manager chez Hillman et designer de la voiture Hillman Nine, crée Dawson Car Company.
dawson20.jpg

1921: Triumph rachète Dawson qui n'avait réussi à produire que 65 voitures.
1923: Triumph Motor Company présente son premier modèle de voiture. Triumph all over the world est sa devise.
trium300.jpg

1924: Standard change son logo et prend un étendard (standard) britannique comme emblème.
stand240.jpg

1929: TWN devient indépendante.
triumpw32.jpg

1929: John Paul Black prend la direction de Standard Motor Company et donne une nouvelle impulsion à la marque. Il vends ses moteurs à Swallow Sidecar.

1933: La nouvelle direction de Triumph Motor composée du lt-col C.V. Holbrook, de l'ingénieur Donald Healey et du styliste Walter Belgrove met en production berlines, torpédos et versions sportives à deux carburateurs.
1936: De plus en plus en difficulté à cause du krach de 1929 à Wall Street, Triumph doit se séparer définitivement de sa branche motocyclette vendue à Jack Sangster déjà propriétaire de la firme Ariel qui la transforme en Triumph Engineering Co Ltd.
triumm08.jpg
La ligature rh va être la caractéristique du logo des motos Triumph anglaises comme la barre supérieure du T allongée va être celle des motos Triumph allemandes.

1939: Thomas William Wards Ltd, l'entreprise créée par un ferrailleur spécialisé dans la démolition de navires décédé en 1926, rachète Triumph Motor Company.

1940: L'usine de Coventry est détruite par l'aviation allemande.

1942: Une toute nouvelle usine pour les motos est construite à Meriden. De nombreux jeunes américains découvrent ces motos légères et performantes. Triumph Engineering crée donc deux compagnies aux USA, vers lesquelles 75 % de la production seront expédiés.

1945: La marque automobile Triumph est revendue à sir John Black, directeur des automobiles Standard. Sir John s'en sert pour concurrencer Jaguar (ex Standard-Swallow) à qui il vendait des moteurs depuis les années trente.
triumph1950.jpg

1949: Pour assurer la pérennité de Triumph (moto et vélo), cette dernière est englobée dans le puissant groupe Birmingham Small Arms Company Limited (BSA), qui comprend alors des firmes telles que Sunbeam, Daimler, la production d'armes, des machines outils et d'acier.
bsa19490.jpg

1956: Max Grundig reprends TWN pour la regrouper avec sa marque Adler. C'est la fin des marques allemandes de motos Triumph et TWN.
TWN.JPG

1959: Standard Motor Co et sa filiale Triumph Motor Co changent leur nom en Standard-Triumph International.
STANDARD-TRIUMPH-02.jpg

1961: Leyland Motors rachète Standard Triumph.

1963: La nouvelle direction supprime la marque Standard.

1972: Faillite du groupe BSA. Dennis Poore, le président de Norton-Villiers (une filiale de Manganese Bronze Holdings) est induit par le gouvernement britannique pour prendre le contrôle de BSA / Triumph.
bsa19682.jpg

1973: Fusion de Norton-Villiers et de BSA / Triumph en Norton-Villiers-Triumph (NVT).
norton_triumph.jpg

1975: L'usine de Meriden est occupée par ses ouvriers qui finiront par obtenir de créer une coopérative Meriden Motorcycle Co-operative.

1978: Triumph change de nouveau de logo. La couronne de laurier accompagnait le général romain qui méritait un triomphe. Elle devient l'emblème de la marque mais peu de temps avant sa chute.
Logo_Triumph.png

1980 : Fermeture de l'usine de Meriden.
1983 : Triumph Engineering Co Ltd est racheté par John Bloor, un homme d'affaires qui a fait fortune dans l'immobilier.

1984: Fin de la marque automobile Triumph.

1986: British Leyland prends le nom de Rover Group.

1990: Triumph Motorcycles Ltd est fondée par John Bloor. La production de motos se fait dans la très moderne usine d'Hinckley, dans le Leicestershire.
New-Triumph-Triangle-Logo.png 1994: BMW achète Rover.
2000: BMW refuse de vendre le nom Triumph lors du rachat de MG Rover par le groupe Phoenix, ce qui permet d'espérer qu'un modèle sportif portant ce nom puisse à nouveau voir le jour dans le futur.

samedi 14 mai 2016

Leyland

1896: Les familles Sumner et Spurrier décident de fonder la Lancashire Steam Motor Company à Leyland, dans le nord-ouest de l'Angleterre. L'un de leurs premiers articles était une tondeuse à gazon motorisée, et leur premier véhicule fut un camion à vapeur d'une capacité de 1,5 tonne.
lancashire.jpg

1897: Création de la société T. Coulthard de Preston, pour fabriquer des berlines à vapeur.
coulthard.jpg

1899: Création de Albion Motor Car Company Ltd par Thomas Blackwood Murray et Norman Fulton à Glasgow en Ecosse.
albion10.jpg

1905: Sumner et Spurrier se lancent dans les berlines à essence.
1907: La Lancashire Steam Motor Company prends le nom de Leyland Motors après avoir racheté Coulthards.
leyla1910.jpg

1915: Albion cesse la production de voitures particulières et se consacre aux bus et camions. Son emblème devient un lever de soleil et sa devise 'Sure as the Sunrise'.
albio15.jpg

1920: Leyland Motors sort une voiture de luxe, la Leyland 8, sur une conception de J.G. Parry-Thomas.
leyla1921.jpg

1921: Création de Scammell Lorries Ltd. à Spitalfields, Londres, en tant que société anonyme par transformation de George Scammell and Nephew.
scamme22.jpg

1927: Parry-Thomas trouve la mort en tentant de battre le record de vitesse terrestre au volant d'une Babs.

1930: Albion Motor Car Company Ltd est renommée Albion Motors.
albio350.jpg

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Leyland Motors, comme les autres firmes automobiles britanniques, travaille pour la Défense nationale. Ses ateliers assemblent des chars et des gros camions militaires.
1942: Henry Spurrier hérite de la firme.
1946: Associated Equipment Company et Leyland Motors créèrent une compagnie d'engins ferroviaires, British United Traction Ltd.
British_United_Traction.jpg

1951: Leyland Motors rachète Albion Motors.
1953: Partenariat avec le constructeur d'autobus Danish Automobile Building
1955: Leyland Motors rachète Scammell Lorries Ltd..
scamme58.jpg

1954: Début de la production de véhicules en Australie.
1955: La compagnie autorise une société indienne de Madras à assembler sous licence les véhicules utilitaires Leyland Motors, dans la nouvelle usine d'Ashok. Ces camions étaient de marque Ashok Leyland.
ashok-leyland-logo.gif
1961: Leyland Motors rachète Standard Triumph. L'entreprise compte 19000 employés.
1962: Leyland Motors rachète Associated Commercial Vehicles (ACV), qui regroupe AEC, Thornycroft, Park Royal Vehicles et Charles H. Roe.
1964: Apparition de la cocarde Leyland, autrement appelée roue de Catherine, flying plughole ou badge à la turbine.

1965: Participation minoritaire (25%) dans Bristol Commercial Vehicles et Eastern Coach Works.
1966: Début de la production en Espagne d'Authi suite à l'accord avec Nueva Montaña Quijano.
leyla660.jpg

1967: Leyland Motors absorbe Rover et Aveling-Barford.

1968: Leyland Motor Corporation Limited fusionne avec British Motor Holdings (BMH) pour former British Leyland Motor Corporation (BLMC). BMH regroupait Daimler, Guy, BMC, Austin et Morris.
BritishLeyland.JPG

1969: Les voitures Austin Seven et Morris Mini-Minor deviennent populaires sous le nom de Mini. British Leyland crée la marque Mini.
mini_bl.jpg

1969: Joint venture avec National Bus Company (Bristol buses et Eastern Coach Works) pour créer Leyland National buses.
1970s: Prise de majorité dans le partenaire danois DAB, pour former Leyland-DAB,producteur d'un bus articulé.
1972: BLMC prends le contrôle d'Innocenti. La marque Albion disparait.
1974: Cessation de production de voitures en Australie.
1975: La société est en faillite et la publication du Rapport Ryder, dans les mois qui suivirent, se solde par la nationalisation de British Leyland (BL), réorganisée en 4 divisions : voitures, camions et bus, produits spéciaux et international.

1977: La marque AEC est arrêtée.
1978: BL mets ses activités camions et bus dans Leyland Vehicles.
1981: Leyland Vehicles explose en 3 sociétés: Leyland Trucks; Leyland Bus et Leyland Parts. 1983: Aveling-Barford est privatisée.
1984: Jaguar est vendu.
1986: British Leyland prends le nom de Rover Group.

1987: Les parts de Land Rover Leyland International Holdings dans Ashok Leyland sont revendues à Hinduja Group.
1987 La division Leyland Trucks fusionne avec DAF Trucks. La nouvelle compagnie n'utilise le nom de Leyland DAF qu'au Royaume-Uni et de DAF dans le reste du monde.
Leyland-Daf 400 V8 1991 Ambulance

1988: Leyland bus est vendu à Volvo.
1993: DAF NV fait faillite. La branche anglaise est rachetée par son management et devient Leyland Trucks.
1998: Leyland Trucks est racheté par le fabricant américain PACCAR. Les camions sont toujours commercialisés sous le nom de Leyland.
leyland-trucks.jpg

vendredi 29 avril 2016

Austin

1854: Frederick Wolseley, un irlandais émigre en Australie pour s'occuper de moutons.
1872: Il crée une machine de tonte de moutons.
1887: Avec l'aide d'Herbert Austin, un ingénieur anglais émigré en Australie, Frederick Wolseley fonde The Wolseley Sheep Shearing Machine Company, une compagnie pour construire des machines de tonte des moutons.
1893: Herbert Austin et Frederick Wolseley décident d'ouvrir une usine de fabrication à Birmingham en Angleterre pour bénéficier de sous-traitants plus compétents.
1895: Austin s’intéresse à la fabrication de voitures automobiles comme moyen de stabiliser les fluctuations saisonnières inhérentes de l'entreprise Wolseley.
wolsel01.jpg

1899: Mort de Frederick Wolseley. Vickers, Sons and Maxim reprennent l'activité et le nom de Wolseley.
1901: La construction de moteur et de voiture est prise par The Wolseley Tool & Motor Car Company Limited.
wolse300.jpg

1900: La carrosserie Van den Plas, de Bruxelles, travaille avec les constructeurs automobiles français De Dion Bouton, Berlier, Germain, Packard.
vande170.jpg

1905: Herbert Austin quitte Wolseley et fonde Austin Motor Company. Son siège est basée à Longbridge, une banlieue de Birmingham, au centre de l'Angleterre.
1906: Sa nouvelle voiture a un moteur vertical et est, en tout sauf un petit détail, identique aux Clément-Gladiators assemblés dans la même usine. William Harvey Du Cros, qui possède Cycle Co Swift injecte des fonds et rejoint le conseil d'administration.
austi300.jpg

1914: Austin devient une société publique cotée lorsque le capital est augmenté à 650.000 £. A cette époque , en nombre de voitures produites, la société est au cinquième rang après Wolseley, Humber , Sunbeam et Rover.

1917: La compagnie anglaise Vanden Plas Ltd. est créée.
vande530.jpg

1918: Austin Motor Co. a augmenté considérablement au cours de la Première Guerre mondiale avec l’obtention de contrats gouvernementaux pour les avions, les obus, les canons lourds et camions. La main-d'œuvre est passée d'environ 2.500 à 22.000 personnes.
1920: Herbert Austin dessine lui-même l'emblème de sa marque: dans une forme triangulaire, un volant sur des ailes accompagne une roue qui soulève de la poussière. Il est censé symboliser le contrôle et la vitesse des voitures de la marque.
austi200.jpg

1921: La société n'arrive pas à vendre suffisament. Elle est mise sous séquestre.
1922: Lancement de la Seven, une petite voiture économique produite en masse. L'une des raisons pour lesquelles le marché pour une voiture comme l'Austin 7 existe est le code fiscal britannique: chaque voiture personnelle est imposée sur la taille du moteur.

1930: Création de American Austin Car Company, pour produire des modèles Austin aux Etats-Unis.
ameriau0.jpg

1934: Datsun commence à construire des Austin Sevens sous licence.
1935: American Austin Car Company est réorganisée sous le nom d'American Bantam. Ce fut Bantam qui produisit le premier prototype de la Jeep.
ameribantam.jpg

1936: Le fondateur est anobli comme Baron Austin of Longbridge.
1941: Mort de Lord Austin.

1946: Vanden Plas devient une filiale d'Austin et produit l'Austin A120 Princess, une voiture haut de gamme.
vande600.jpg

1947: Le logo Austin prends la forme d'un écu très étroit.
austi470.jpg

On voit aussi apparaître comme insigne de capot, un A ailé, une réponse au B ailé des Bentley. AustinFlyingA.JPG

1950: Les armoiries de Lord Austin qu'il avait adopté son anoblissement en 1936 sont adoptées avec comme modification principale une croix à la place du chevron original. Gerbes de blé et losanges symbolisent la générosité et la constance, tandis que la couleur or représente la générosité. Lord Austin était connu pour son soutien envers les hôpitaux et diverses autres activités de bienfaisance.
austi060.jpg

1952: Le constructeur fusionne avec son concurrent Nuffield Organisation (marques Morris, MG, Riley...). L'union des deux fabricants donne naissance à la British Motor Corporation (BMC), le plus grand groupe automobile britannique.
Le logo de cette marque est une cocarde aux couleurs britaniques.
BMC_Rosette.JPG

1952: Lancement de la marque Austin-Morris.

1952: Austin passe un accord avec Donald Healey, l'ingénieur automobile de renom. Cet accord conduit à une nouvelle marque Austin-Healey et à une gamme de voitures de sport.
austh583.jpg

1959: Lancement de la Austin-Mini-Cooper.
austc610.jpg

1968: Le regroupement des marques anglaises donne naissance à la British Leyland Motor Corporation (BLMC).

1978: Le logo d'Austin-Morris évolue.
AustinMorris_Text.JPG

1982: La majeure partie de la division automobile de British Leyland est rebaptisé groupe Rover Austin, avec Austin comme marque grand public et Rover marque plus luxueuse. La marque MG est relancé pour les versions sportives des modèles Austin.
1982Austin_Rover.png

1989: La marque Austin-Sterling est lancée.
austinroversterling82.jpg

1987: La marque Austin est abandonnée et Austin Rover devient tout simplement le groupe Rover. Les voitures Austin continuent à être fabriquées, même si elles ont cessé d'être des Austins. Elles portent le logo Rover mais sans "Rover" écrit dessus. Les logos sont spécifiques au modèle de voiture. La croix des armoiries de Lord Austin permet une réminiscence des anciens logo.
Austin Metro City X 1989

Les droits sur le nom Austin sont transmis à British Aerospace, puis à BMW lorsque ils achètent le groupe Rover.
Les droits ont ensuite été vendus à MG Rover, créé lorsque BMW a vendu l'entreprise.
Suite à l'effondrement et la vente de MG Rover, Nanjing Automobile Group possède le nom d' Austin et l'usine d'assemblage historique de Austin à Longbridge.
Lors de l'Exposition Nanjing International en mai 2006, Nanjing a annoncé qu'il pourrait utiliser le nom Austin sur certains des modèles MG Rover, au moins sur le marché chinois.

2012: Une nouvelle Austin Motor Company Limited est constituée par Steve Morgan de Birmingham.
2014: Dissolution de la nouvelle société.

Pour plus de détails, voir: http://www.aronline.co.uk/blogs/facts-and-figures/history-evolution-of-the-ar-logo/

mardi 19 avril 2016

Bollée

1873: Amédée Bollée père, fils d'un fondeur de cloche, fabrique sa première voiture appelée l'Obéissante. C'est un véhicule à vapeur, remarquable par son silence de fonctionnement, sa maniabilité, et disposant déjà de la plupart des solutions mécaniques de l'automobile du futur : quatre roues, une direction à double pivot, une propulsion par les roues arrières, une suspension à quatre roues indépendantes. C'est le premier véhicule automobile pour particuliers.
bolee873.jpg

1878: Il conçoit et commercialise "la Mancelle", encore à moteur à vapeur, situé à l’avant, avec une boîte de vitesses et un différentiel. Cette voiture est considérée comme la première voiture construite en série : une petite cinquantaine d'exemplaires ont été fabriqués et vendus.
amede879.jpg

1880: Il perfectionne ses voitures en construisant, "La Nouvelle", une des toutes premières conduites-intérieur.

1881: "La Rapide" fut construite. Cette voiture était capable de dépasser le seuil psychologique d'un kilomètre par minute en atteignant la vitesse, jusque-là jamais atteinte, de 62 km/h !

1896: Amédée Bollée fils, fabrique sa première voiture à essence et aligne sa "Type 1" sur la ligne de départ de la course Paris-Marseille-Paris. Son frère cadet, Léon Bollée crée son entreprise au Mans.
leonb897.jpg

1900: Amédée Bollée fils construit des voitures haut de gamme, en petite série d'un maximum de cinquante par an. amedee13.jpg

1903: Léon Bollée produit sa première grosse voiture.

1913: Après sa mort, sa veuve continue la production d'automobiles et d'armements.

1922: La marque est rachetée par la firme anglaise Morris, pour devenir Morris-Léon Bollée, installée au Mans.
morrisleonbollee.jpg

1923: Amédée Bollée fils arrête la production de voitures et se spécialise dans la fabrication de segments pour les pistons: Le Segment AB.
segab.jpg

1925: La production des Morris-Léon Bollée commence avec des véhicules équipés de moteurs Hotchkiss.
1928: Par suite de leur mévente, la production s'arrête.
1931: Morris ferme l'usine définitivement.

1990: Le Segment AB, qui appartenait toujours à la famille Bollée, est transformée en société anonyme contrôlée par le groupe AFE via la Mancelle de Fonderie, à 100%. segmentab.png

jeudi 14 avril 2016

MG Motor

1893: William Morris quitte l'école à l'âge de quinze ans pour devenir apprenti chez un vendeur et réparateur de bicyclettes à Oxford. À seize ans il fonda sa propre entreprise. D'abord réparateur et vendeur de vélos, il se tourne ensuite vers le commerce de motocyclettes puis d'automobiles.
wrmorris03.jpg

1896: Création de Riley Cycle Company à Coventry, par William Riley, un industriel du textile, à partir de Bonnick Cycle Company .
rileycyclecob.jpg

1898: Percy Riley commence la fabrication de sa première voiture à l'âge de seize ans dans l'entreprise achetée par son père.
riley000.jpg

1898: Edward Greenwood Wrigley établit son usine de fabrication d'outils EG Wrigley and Company Ltd. à Birmingham.

1901: La Wolseley Tool and Motor Car Company sise à Birmingham est créée par le fabricant d'armes Vickers, Sons and Maxim. Le directeur est Herbert Austin.
wolse300.jpg

1903: William Riley ne voulant pas détourner les fonds de sa société de cycles pour construire des automobiles, ses 3 fils empruntent à leur mère et créent la Riley Engine Company.
riley080.jpg

1905: Austin quitte Wolseley pour créer sa propre entreprise. JD Siddeley le remplace. Il crée un modèle avec un moteur performant : Wolseley-Siddeley.
Wolseley Siddeley (1908) - 3

1909: Siddeley abandonne Wolseley pour Deasy.

1910: Création de Morris Motor Company.

1911: Le nom de Siddeley est supprimé pour éviter toute confusion avec Siddeley-Deasy (plus tard connu comme Armstrong-Siddeley).

1912: Riley Cycle Company change son nom en Riley (Coventry) Limited.

1913: Morris commence la construction du modèle Morris Oxford (connu sous le sobriquet de "Bullnose" à cause de la forme arrondie de son radiateur rappelant un museau de taureau). Quoique bon mécanicien, William Morris n'était pas un créateur né et sa première voiture était composée d'éléments de diverses provenance. Le moteur à soupapes latérales était construit par WHite & Pope, le pont arrière à vis sans fin par Wrigley, etc. La Morris Oxford fut un succès dès sa première année de fabrication et permit à William Morris de racheter ses fournisseurs les uns après les autres.
Les armoiries d'Oxford servent d'emblème à la marque.

morri263.jpg

1913: Wrigley construit sa première et unique voiture.
Wrigley-logo2.jpg

1918: Le badge bleu Riley en forme de diamant conçu par Harry Rush apparaît ainsi que la devise "Aussi vieux que l'industrie, aussi moderne que l'heure" (As old as the industry-as modern as the hour).
Riley_logo.jpg

1922: Cecil Kimber est promu Directeur Général de Morris Garages, un réseau de garages destinés à la vente et la maintenance des voitures Morris.

1923: William Morris rachète E.G. Wrigley and Company et continue la production de camions sous le nom de Morris Commercial Cars Limited
morris_commercial.jpg

1924: Première voiture avec un badge MG à logo octogonal.
mg193800.jpg

1925: Morris achète l'usine du Mans de Léon Bollée et lance la Morris-Léon Bollée. L'armoirie de la ville du Mans se retrouvent dans l'emblème de la marque.
morrisleonbollee.jpg

1926: Durant la crise économique qui suivit la première guerre mondiale, Morris décida de diminuer au maximum ses marges bénéficiaires et de vendre ses voitures quasiment à prix coûtant. Cette initiative inédite et allant à l'encontre de ce que faisait la concurrence fut la raison du succès et de la fortune de William Morris.
1927: William Morris achète Wolseley.
1928: Création de la M.G. Car Company Limited.
1929: William Morris est anobli une première fois.
1931: Morris vends Morris-Léon Bollée.
1934:William Morris est nommé baron Nuffield.
1935: M G qui était au départ la propriété de William Morris, est vendue à Morris Motors.

1936: Les désaccords entre les frères Riley sur l'orientation future de l'entreprise augmentent. Victor Riley avait mis en place une nouvelle marque ultra-luxe, Autovia , pour rivaliser avec Rolls-Royce.
autovi36.jpg

1938: Morris devient 1er vicomte Nuffield. Il rachète Riley Motors (Coventry) Limited. Il crée un holding financier Nuffield Organisation lui permettant de contrôler quatre marques d'automobiles (Morris, MG, Riley et Wolseley), une gamme de véhicules utilitaires (Morris Commercial Cars Limited ) et de développer un certain nombre d'activités annexes (moteurs marins, véhicules militaires, garages préfabriqués adaptés aux dimensions des voitures Morris, etc.).
Nuffield_Organization.jpg

1952: Nuffield Organisation fusionne avec Austin pour constituer la British Motor Corporation (BMC).
1968: Le regroupement des marques anglaises donne naissance à la British Leyland Motor Corporation (BLMC).
1969: Abandon de la marque Riley.
1975: Devient la société nationale British Leyland Limited (BL). Fin des marques Morris et Wolseley
1986: BL devient Rover Group.
1988: MG est acheté par British Aerospace
1994: MG est acheté par BMW
2000: BMW revends MG en même temps que le groupe Rover au consortium Phoenix.
mg200000.jpg

2005: La faillite du groupe est prononcée. Nanjing Automobile Group (NAC) rachète MG. Le groupe chinois acquiert également les marques Austin, Wolseley, Morris, Princess, Sterling cars, British Motor Corporation, Leyland et Vanden Plas (sauf les droits détenus par Jaguar aux États-Unis et Canada).

2007: Le groupe chinois Shanghai Automotive Industry Corporation (SAIC) signe un accord de fusion avec Nanjing Automobile Company (NAC) et achète pour 2,1 milliards de yuans (286 millions de dollars US) la maison mère de la NAC, Yuejin Motor, qui reçoit en échange 5 % du capital du constructeur shanghaien : du même coup, la marque MG se trouve incorporée à la SAIC qui entend relancer en Europe l'usine de Longbridge (le site historique de Rover mais surtout le lieu originaire de la marque Austin dont la NAC a acquis les droits d'utilisation en 2005). Officiellement, les projets de la SAIC seraient de poursuivre la relance de MG en Europe et d'utiliser la base de Longbridge comme fenêtre ouverte sur l'Europe.

2011: Nouveau logo de MG.
MG_logo_2011.png

samedi 2 avril 2016

SAIC

1955: Fondation de la Shanghai Internal Combustion Engine Components Company qui trouve son origine dans les nombreux ateliers de réparation automobile de Shanghai qui se sont développés pendant et après la seconde guerre mondiale. Elle est la propriété des autorités municipales de Shanghai.

1958: Le premier modèle de l'usine d'assemblage de Shanghai est la Phoenix, une voiture destinée aux couches les plus aisées de la population chinoise.
Le logo se compose des lettres 上海 signifiant Shanghai.
shangai1955.jpg

1985: SAIC crée une coentreprise avec Volkswagen, la Shanghai Volkswagen Automotive Co pour la fabrication de la Volkswagen Santana.
shanghaivw.gif

1991: SAIC arrête la production des Shangaï.

1995: Prends le nom de Shanghai Automotive Industry Corp. (Group)
saic2000.jpg

1997: SAIC crée une coentreprise avec General Motors : Shanghai GM.
Shanghai_GM_logo.jpg
shanghaigm.gif

2002: SAIC et General Motors réitèrent en constituant SAIC-GM-Wuling (SGMW) avec Liuzhou Wuling Motors Co., Ltd.
Sgmw.jpg

Il commercialise des véhicules sous les marques Wuling, aux cinq diamants rouges en forme de W
Wuling_of_SAIC-GM-Wuling.png

et Baojun (Cheval Précieux).
Baojun.png

2004: Le groupe rachète SsangYong, un constructeur automobile coréen en difficulté. Ce rachat fut de courte durée, car SAIC revendra peu après ses parts à Mahindra.

2007:Rachat de Nanjing Automobile, le plus ancien constructeur automobile chinois.

2011: SAIC Motor Corporation Limited
SAIC_MOTOR_-_2011.png

samedi 26 mars 2016

NAC

1947: Nanjing Automobile Company. Un service de réparation de l'Armée Populaire de l'Est prends le contrôle d'un atelier automobile à Nankin (Nanjing), ancienne capitale de la République de Chine.

1958: La société fabrique le premier camion léger de Chine basé sur le GAZ-51 russe. Dès lors l'usine fut autorisée à fabriquer des véhicules automobiles et la société Nanjing Automobile Works vit le jour, avec la marque Yuejin (qui signifie Bond en avant).
yueyin-1985.jpg

1986: Iveco conclut une coopération commerciale et technique pour la fabrication, sous licence, de certains modèles de la gamme Iveco Daily de 1re génération, par Yuejin Trucks.
yuejin95.jpg

1990: La conception de la première génération Ibiza est achetée à SEAT et la voiture vendue en Chine comme Nanjing Yuejin Soyat .
soyat.jpg

1995: Dans le cadre des accords de partenariat avec le groupe italien Fiat S.p.A, une filiale commune Nanjing Viejo Automobile Co. est créée.

1996: Coentreprise Iveco et NAC: Nanjing-Iveco Joint Venture (NAVECO).
naveco.png

1999: Grâce à la libéralisation des investissements étrangers en Chine, Nanjing Fiat Company est créée, destinée à la construction d'automobiles Fiat pour le marché chinois.
nanjing1.jpg

2005: Nanjing Automobile Group rachète les actifs du groupe défunt MG Rover et la marque de voitures de sport Morris Garage pour un montant de 53 millions de £.

2006: Fusion de NAVECO et Yuejin.

2007: Leader sur le marché chinois, SAIC annonce la fusion-absorption de Nanjing. SAIC Motor déboursera 2,095 milliards de yuans (près de 200 millions d'euros) et la maison mère de Nanjing Auto, Yuejin, obtiendra 320 millions d'actions SAIC Motor, équivalentes à une participation de 4,9 %. Ces actions seront apportées par la maison mère de SAIC, Shanghai Automotive Industry Corp.

2008: Nanjing-Fiat est dissoute.

lundi 14 mars 2016

Rover

1857: James Starley et Josiah Turner créent une fabrique de machines à coudre à Coventry au Royaume-Uni. Elle prends pour nom Coventry Sewing Machine Company.
1869: Le neveu de Turner achète en France une bicyclette "bone-shaker". La compagnie commence à fabriquer ce genre de produit et se renomme Coventry Machinists Company. Coventry devient le centre de l'industrie du cycle britannique. La CMC utilisait comme nom de marque European et avait comme emblème Lady Godiva.
coventry_machine.jpg

1870: William Hillman et James Starley brevettent une nouvelle bicyclette. L'innovation est l'utilisation de la roue à rayon en acier ainsi que le cadre tout en métal. Elle est vendue sous le nom de marque Ariel.
Ariel_1910_Logo.jpg

1872: John Kemp Starley neveu de James Starley vient à Coventry travailler avec son oncle et Hillman pour Ariel Cycle Company.
1877: John K. Starley s'associe avec William Sutton pour fonder sa propre entreprise: Starley & Sutton Co.
starley_sutton.jpg

1883: Sortie du premier Rover (un tricycle). Cet engin est idéal pour « roving around » (littéralement tourner autour) c'est-à-dire faire de petits itinéraires de promenade.
1885: Invention de la Rover Safety Bicycle, bicyclette dite « de sécurité » avec des roues de même diamètre et dont la roue arrière est entraînée par une transmission à chaîne. En polonais, le nom de bicyclette est rower.
1888: Starley construit une voiture électrique, mais sa production ne fut jamais lancée.
1889: La compagnie devient J.K. Starley & Co. Ltd.
rover_cycles.jpg

1896: Le nom devient Rover Cycle Company Ltd.
1901: Décès de J.K. Starley. L'entreprise est reprise par l'entrepreneur Harry Lawson.
1902: L'entreprise crée une moto.
1904: Sortie de la première automobile avec le coupé Rover 8.
rove0700.jpg

1922: Apparition du viking comme emblème. Rover en anglais, signifie aussi vagabond. Le viking est un vagabond des mers.
rove2501.jpg

1927: Apparition du drakkar, le célèbre bateau des vikings.
rove2700.jpg

1947: Pover commençe la production de la Land Rover. Ce modèle étant un grand succès, la société put financer des recherches sur les véhicules dotés d'une turbine à gaz.
1967: Rover fusionne avec la Leyland Motor Company (British Motor Corporation) pour devenir British Leyland dont les difficultés de qualité de fabrication des années 1970 ruina les qualités intrinsèques de la Rover SD1.
1982: L'usine de Solihull fut utilisée seulement pour la fabrication des Land Rover tandis que le reste de la gamme était produit dans les usines anciennement Austin et Morris de respectivement Longbridge et Cowley avec des moteurs Honda. British Leyland fut renommé Rover Group.
1982Austin_Rover.png

1994: BMW prends le contrôle de la société. L'objectif de BMW était, en redressant la situation financière de l'entreprise, de devenir un groupe plus généraliste.

Rover_logo-2000.jpg

2000: La société Rover est revendue, au prix symbolique de dix livres, à quatre industriels, les Phoenix Venture Holdings, menés par leur ancien PDG, John Tower. Elle fut rebaptisée MG-Rover, avec son siège social et sa seule usine à Longbridge. La marque Land Rover (et les autres modèles apparentés Range Rover) sont revendue à Ford, tandis que Mini reste chez BMW.
rover040.jpg

2005: MG Rover est mis en faillite. la plupart des actifs de MG Rover sont vendus par BMW à Nanjing Automobile.
2007: Relance des marques MG et Roewe, dont le logo s'inspire ouvertement de celui de Rover.
SAIC ne pouvait pas utiliser le nom « Rover » pour badger ses nouveaux modèles dérivés des Rover produites auparavant par MG Rover. Il fut donc décidé de créer un nouveau nom (autrement dit, une nouvelle marque) et un nouveau logo, mais qui imiterait Rover. Le nouveau logo Roewe conserve la forme du logo de Rover mais fait disparaitre le drakkar (lié à l'histoire de l'Angleterre), au profit de deux lions entourant une épée, surplombant un R gothique. Les deux lions et l'épée présentent une graphie chinoise et non européenne, ce qui renforce l'identité de la nouvelle marque.
Roewe_logo.png
Le nom « Roewe » a été fabriqué d'après l'écriture en alphabet latin de la prononciation chinoise du nom « Rover ». En anglais, « Roewe » se prononce cependant « Row-weh ». Selon SAIC, « Roewe » est un jeu de mots basé sur la langue chinoise : il associerait en un seul mot les notions d'honneur, de pouvoir, et de prestige.
2008: Ford cède Land Rover au constructeur indien Tata Motors.
Le groupe chinois Shanghai Automotive Industry Corporation (SAIC) signe un accord de fusion avec Nanjing Automobile Company (NAC) et achète pour 2,1 milliards de yuans (286 millions de dollars) la maison mère de la NAC, Yuejin Motor, qui reçoit en échange 5 % du capital du constructeur shanghaien.

mardi 8 mars 2016

Land Rover

1948: Maurice Wilks, ingénieur en chef chez Rover, remarqu que la Jeep s'est rendue indispensable auprès des populations civiles. Il propose un véhicule utilitaire, à l'aise dans tous les terrains et peu onéreux parce que de conception simple : châssis en échelle, ponts rigides et carrosserie boulonnée. La pénurie d'acier interdisant la production d'une telle carrosserie à grande échelle, Maurice Wilks a l'idée de se tourner vers l'aluminium aéronautique pour habiller ses châssis.
landr482.jpg

1967: Rover est englobé dans Leyland Motors Ltd, qui devint British Leyland (BL) en tant que Rover Triumph.
Land-rover-logo-68.jpg

1970: La gamme s'enrichit d'un nouveau modèle : le Range Rover. Inspiré du succès du Jeep Wagoneer, il s'agit d'un 4X4 de luxe doté d'un moteur V8, dont les ventes décollent aussitôt.

1978: Land Rover Limited devient indépendante de British Leyland.

1986: BL plc devient Rover Group plc.
landr861.jpg 1994 : Reprise de Rover par BMW.

2000 : Rachat de Rover par Ford

2008 : Ford vends Jaguar et Land Rover à Tata Motors

vendredi 4 mars 2016

Le drapeau du Brésil

Le drapeau du Brésil permet une double lecture sémantique.
br1.gif

La première donne une carte de visite du pays.
Les principales couleurs symbolisent les richesses du Brésil : le vert pour la forêt amazonienne, et le jaune (or) pour les ressources du sous-sol.
Le globe central bleu avec au centre la Croix du Sud, symbole chrétien, porte 27 étoiles représentant les 27 états fédérés du Brésil. Leur disposition correspond à l’aspect du ciel de Rio de Janeiro, le 15 novembre 1889 à 20h30 (instant de la proclamation de la République). Sur la ligne de l'équateur, on lit Ordre et progrès qui est la devise du positivisme fondé par le philosophe français Auguste Comte.
br_globe.gif

Or cette lecture est récente. La création du drapeau vert à losange jaune date de 1822. Voyons la lecture que l'on faisait à l'époque.
Le 7 septembre 1822 le régent Pierre proclame à São Paulo l'indépendance du Brésil, et le 12 octobre (jour de ses 24 ans) sur la place Santana à Rio de Janeiro il devient empereur du Brésil sous le nom de Pierre Ier. Il était le fils du roi du Portugal Jean VI, de la dynastie de Bragance et avait épousé en 1817 l'archiduchesse Marie Léopoldine d'Habsbourg.
Il remplaça la cocarde portugaise bleue et blanche par une autre verte et jaune. Le vert pour la couleur de la maison de Bragance et le jaune pour la couleur des Habsbourg. Les écussons de femme étant en losange dans la tradition portugaise, le losange est jaune. Le dessinateur du drapeau est le peintre Jean Baptiste Debret, figure de la vie culturelle brésilienne de 1816 à 1831.
br-1822.gif

Sur le drapeau sont les nouvelles armoiries: «... désormais, les armes de ce royaume du Brésil seront, dans un champ vert, une sphère armillaire d'or superposée sur une croix de l'Ordre du Christ, la sphère entourée par 19 étoiles d'argent sur un cercle bleu et une couronne royale avec diamants incrustés au sommet du bouclier, dont les côtés sera accueilli par les deux plantes de café et de tabac, comme emblèmes de ses richesses, dans leurs couleurs appropriées. Plus tard, et sans aucun acte juridique officielle, l'empereur Dom Pedro II a augmenté le nombre d'étoiles à 20 pour refléter la perte de la province de Cisplatina en 1829 et la création des provinces de l'Amazone en 1850 et de Paraná en 1853.
br_royal.gif

En astronomie, une sphère armillaire, aussi connue sous le nom d'astrolabe sphérique, est une modélisation basée sur la sphère céleste utilisée pour en montrer le mouvement apparent des étoiles autour de la Terre et du Soleil dans l'écliptique. Son nom provient du latin armilla (cercle, bracelet), puisqu'elle est constituée d'un ensemble de cercles métalliques gradués représentant la géométrie des éléments descriptifs du ciel, sur la sphère centrale orientable. C'était un des outils qu'utilisèrent les navigateurs portugais pour leurs voyages de découverte du monde.
Il devint un symbole utilisé par le roi Manuel Ier du Portugal (1495-1521).
Depuis 1645, une sphère armillaire est présente sur le drapeau du prince du Brésil, fils aîné du roi du Portugal.
br-1645.gif

L'Ordre du Christ (Ordem dos Cavaleiros de Nosso Senhor Jesus Cristo) était un ordre militaire religieux héritier de l'Ordre du Temple (plus connu sous le nom des Templiers) au Portugal après leur disparition en 1312. En 1417, Henri le Navigateur devint Grand-Maître de l'Ordre. Grâce aux fonds de l'Ordre, le prince Henri fonda sa fameuse école de navigation à Sagres, ouvrant la voie à la suprématie maritime portugaise: de ce petit village appareillèrent les premières expéditions menant aux grandes découvertes. Manuel Ier envoya Vasco de Gama, membre de l'Ordre lui aussi, pour passer le Cap de Bonne-Espérance en direction des Indes. Il appareilla en 1497 et atteignit Calicut. À la fin du règne de Manuel Ier, l'ordre comptait 454 commanderies au Portugal, en Afrique et dans les Indes.
Son emblème était une croix potencée rouge sur fond blanc.
pt_ocri1.gif

On voit donc dans ces 2 lectures sémantiques des drapeaux de la république et de l'empire du Brésil, des points communs et des divergences:
points communs: le vert, le jaune, le losange, la carte du ciel (sphère armillaire ou globe bleu), les étoiles, la croix
divergences: l'interprétation des couleurs et du losange, la précision du dessin du ciel, les armoiries, la couronne et la devise.

A ces 2 interprétations des signes, on peut ajouter que le dessinateur du premier drapeau brésilien, le français Jean Baptiste Debret, a surement pris comme modèle, de façon consciente ou inconsciente, le drapeau militaire français de l'Empire, en activité de 1804 à 1812.
1_Ligne_1804.gif

- page 2 de 8 -